Cybernétique.

C’est en 1946 que nait officiellement la cybernétique avec le sens moderne de ce mot.

Mais en réalité ce mot existait déjà depuis un peu plus d’un siècle avec une signification un peu différente.
De nos jours, le terme « cybernétique » est volontiers remplacé par d’autres mots très incomplets qui ne donnent même pas la quintessence de sa signification. On évoque alors l’automatisme, l’électronique, l’informatique, l’intelligence artificielle, la robotique, la domotique, et d’autres sciences et techniques passées présentes et à venir toutes situées dans la même veine.

La cybernétique, c’est tout ça et plus encore. Cela en surprend quelques uns quand j’explique que Norbert WIENER a posé les bases de ce qui est devenu l’intelligence artificielle dès la deuxième guerre mondiale. Pourtant, en 1948, lors de la publication de son manifeste sur la cybernétique, il a eu un succès considérable dans les milieux scientifiques chez les mathématiciens, les cryptanalystes et les premiers informaticiens. Il est un fondateur. Il est à l’informatique, la robotique et l’I.A. par exemple, ce que Zarathoushtra était au mazdéisme. Une sorte de réformateur, de gourou, d’organisateur, etc.
Il a participé aux conférences de MACY après la deuxième mondiale, qui eurent un gros succès. On se souvient de Turing, on se souvient de Von Neumann mais le nom de Wiener n’est cité que dans les milieux spécialisés. Quand au substantif « Cybernétique », tout le monde en utilise les deux premières syllabes sans même savoir ce que cela signifie.
Ainsi, on forgea les mots « cybersécurité », « cybercriminalité », « cybercafé », « cyberpunk », »cyberespace », « cyberarmée », »cyberfraude » et bien d’autres. Mais je ne peut m’empêcher, pour finir, d’évoquer celui qui donne de l’humanité de façon très crue et triviale à ce radical : « cybersexe ».

Pour le prix d’une définition de « Cybernétique », en voici deux car je suis généreux et partageur :

Selon Wikipedia, le terme cybernétique apparaît en 1834 dans la classification des sciences proposée par André-Marie Ampère (physicien et fondateur de l’électrodynamique 1775-1836) et désigne « la science du gouvernement des hommes »
En réalité il s’agit de l’étude de la science des moyens de gouverner. Cela fait un peu penser à une certaine forme de manipulation.

Ce mot va tomber en désuétude mais en 1946/1947, il reprend du service avec un sens nouveau mais néanmoins complémentaire et finalement, pas si nouveau que celà.
Un livre est fondateur en ce domaine et son titre est déjà une forme de définition.
Cybernetics, or Control and Communication in the Animal and the Machine qu’on pourrait traduire par « Cybernétique, ou contrôle et communication entre les animaux et les machines« , (animaux étant ici pris au sens littéral et incluant donc les humains.)
Pour bien comprendre ce qu’est la cybernétique, il faudrait commencer par connaître les projets sur lesquels travaillait Wiener. Mais on peut déjà donner un ordre d’idée. Je pense que la définition de la cybernétique s’est affinée au cours des séries de conférences de MACY.
En réalité, les conférences de MACY ont commencé dès 1942 et ont perduré jusque dans les années 1950. Elle réunissaient le gratin des scientifiques de l’époque dans le domaine des mathématiques, de la physique, la psychologie, l’anthropologie, la logique et l’économie. L’objectif était d’essayer de comprendre comment fonctionne l’esprit.

Dans ce contexte, on comprend que la cybernétique a servi à faire communiquer le règne animal avec les machines et vice versa. Les premières conférences sur ce thèmes eurent lieu en 1947. Le livre fondateur de Wiener fut publié en anglais en 1948. Même l’éditeur français refusa de faire une traduction, argumentant que quiconque s’intéressait au sujet devait faire l’effort de le lire en version originale. Il a fallut attendre plusieurs décennies pour qu’une version française soit publiée, mais elle n’a probablement pas eu autant de succès que les premières versions.

Donc en résumé, la cybernétique, c’est à la fois l’étude des moyens de gouverner et le contrôle et les communications entre les animaux et les machines.

Si on agglomère ces deux définitions, cela fait un peu froid dans le dos. On se trouve projeté en plein scandale « Cambridge Analytica », on pense également à « Google Analytics » et on se dit que finalement, quand le deuxième mot d’une expression commence par « Anal » il vaut mieux raser les murs. Mais on pense plus généralement aux capacités gigantesques des « big data » et leur exploitation positive ou négative.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *